Je suis entièrement d'accord! Je n'en étais pas au courant mais je le retiens, merci beaucoup pour l'info.
Film numéro 4 : Still Walking de Hirokazu Kore-Eda.
Still Walking est un drame familial, dont la simple histoire se complexifie à mesure que le film progresse dans son avancée, parce qu’il n’a pas de scénario en tant que tel, mais une intrigue subtile résidant dans les sentiments éprouvés par les personnages, et les liens familiaux ou non pour certains qu’ils entretiennent. Durant ce film, le temps s’arrête et l’on se repose au sein d’une famille tout ce qu’il y a de plus ordinaire, se réunissant lors du déjeuner, puis du dîner pour ceux demeurés jusqu’au lendemain, chez les grands-parents paternels.
Je n’ai vu aucun autre film en compétition cette année-là, mais la victoire de celui-ci du prix de la mise en scène me paraît justifiée. La réalisation est maîtrisée et efficace : les images sont précises, magnifiques, sobres et éclairées au naturel, la photographie est sublime, la musique répétitive mais très jolie et mélancolique, et les acteurs sont très bons. Les dialogues sont très bien écrits.
Il s’agit d’une tranche de vie, réaliste et pudique, s’attardant sur chacun des protagonistes qui sont bien développés malgré leur nombre important, révélant leurs relations du passé et du présent, qui s’entrechoquent. L’ensemble est fin, le résultat est beau. Le film a su parfaitement convoquer, retranscrire et nous transmettre ces ressentis délicats qu’il manie avec virtuosité. Le ton est d’une grande justesse, mais j’avais l’impression d’être parfois en retrait, à l’extérieur de la maison dans laquelle le film entier se déroule, et à l’écart de l’histoire de cette famille, comme si je n’y avais pas ma place, et je n’ai pas apprécié l’indifférence que semblaient montrer les personnages envers les uns et les autres. De plus, le film est lent, rythme contemplatif qui ne m’a pas dérangée, mais les longueurs dont il est pourvu m’ont ennuyée.
Film numéro 8 : Dans Ses Yeux de Juan José Campanella.
J’ai bien aimé Dans Ses Yeux !
Il s’agit d’un film argentin au très bon scénario, construit de deux intrigues superposées : en premier lieu, nous assistons au déroulement d’une enquête menée par des avocats sur le meurtre d’une jeune femme vingt années plus tôt, et en second lieu, le projet et la romance du personnage principal et de sa supérieure, ayant eux-mêmes autrefois enquêté sur ce meurtre.
L’histoire d’amour ne m’a pas intéressée bien qu’elle soit émotionnellement juste et très touchante, en revanche, l’enquête m’a captivée de son commencement jusqu’à sa fin, cruelle, et à laquelle je m’attendais, alors que j’aurais préféré qu’elle me surprenne, comme je le fus durant l’enquête, s’avérant très bien écrite, rythmée, pleine de rebondissements et menée sans incohérence jusqu’à la révélation finale. Chaque indice fragmenté s’imbrique parfaitement avec les autres, reconstituant le prisme dans lequel le mystère du film se résout et nous apparaît limpide, comme dans de l’eau. Cette restitution du scénario est passionnante à effectuer, n’étant pas compliquée mais logique.
La réalisation est très bonne, le plan-séquence dans le stade en témoignant, les images sont magnifiques, je pense notamment aux couleurs chaudes et froides à la fois qui les subliment, la musique est très jolie, et les acteurs sont excellents. J'ai eu un coup de cœur pour le principal et celle interprétant sa supérieure et amie. Les dialogues sont une fois de plus très bien écrits.
Les seules choses que je reproche à ce film sont sa narration peu originale, alternant les séquences au présent et les flash-backs, procédé que je n'aime pas, et le fait que je sois parvenue à deviner la fin, ce qui n'est pas véritablement un défaut en soi mais une petite déception personnelle.
En somme, l'ensemble est émouvant, et j'ai passé un bon moment devant ce film méconnu, à tort, et que je conseille.
Film numéro 9 : The Wig de de Shin Yun Won.
The Wig est le premier film d'épouvante-horreur sud-coréen que j'ai regardé de ma vie et certainement le dernier. Enfin non. Pas le dernier parce que j'ai eu peur devant au point d'en faire des cauchemars, non. Le dernier parce qu'il s'agit d'un film sans intérêt, se situant dans un entre-deux peu confortable flirtant avec le bon et le navet. Cependant, je crois que je peux décemment dire que je l'ai détesté. Il est à voir pour les curieux et à fuir pour les amateurs du genre, parce que la réalisation n'est pas si mauvaise et s'avère contemplative mais pourvue de plans mal cadrés, les images sont belles quoique trop sombres parfois, la bande-son est peu originale, et les acteurs sont quelconques. Non, le véritable problème de ce film réside dans son scénario, qui est conceptuel. Après les tueurs en série, voici l'histoire de la perruque tueuse en série. On aura tout vu. Je n'ai pas encore visionné beaucoup de films sud-coréens pour l'affirmer, mais je devine que les Coréens sont fortiches pour réaliser d'excellents films mais aussi des films comme celui-ci, c'est-à-dire des navets. Bref, je ne le conseille pas à moins que vous ne vouliez rire devant, bien que ce ne soit pas le but recherché.
Film numéro 10 : Timbuktu d'Abderrahmane Sissako.
Sujet épineux que ce film-ci, qui m'a laissée mitigée après visionnage.
Tout d'abord, la réalisation est sobre et contemplative, les images magnifiques, la photographie sublime (l'Oscar est mérité) et la bande-son très jolie. Les acteurs sont quelconques hormis les enfants qui jouent mal. Sur le plan technique, ce film n'est pas mauvais c'est en partie pour ces éléments positifs que je ne l'ai pas dénigré. Parce que d'après moi, le plus grave n'étant pas ce scénario inexistant relevé par tout le monde ou que sais-je encore, mais le fait que je n'ai rien ressenti excepté de l'indifférence devant alors que je m'attendais à être surprise, choquée, bouleversée et complètement retournée par le propos terriblement actuel, comme on a pu le constater suite à l'attentat de Nice. Je le répète, mais je n'ai rien ressenti devant et c'est là certainement le problème.
Ensuite, le film est lent et sa lenteur ne m'a pas dérangée car il me faut préciser que je suis une bonne cliente quand il s'agit de film contemplatif comme vous avez pu l'observer, mais encore faut-il qu'elle soit justifiée, ce qu'elle n'est pas ici.
Je reviens sur le scénario que tout le monde considère comme inexistant, ce que j'évoque déjà plus haut, ce que l'on peut penser, mais je ne suis pas totalement d'accord avec ce rejet : il y a bel et bien un scénario, faiblard, certes, mais pas celui auquel on s'attendait et qui fait que la plupart des spectateurs dont moi ont certainement été pris de court et désorientés par ce qu'ils ont vu. En effet, on suit l’histoire d’une famille vivant hors de la ville, sur laquelle se répercute la tyrannie que fait régner les djihadistes dans cette ville, et ainsi montrer l’impact qu’ils ont à tous les niveaux. Les dialogues sont très bien ou mal écrits, tout comme certaines scènes se révèlent passionnantes et d'autres ennuyeuses, comme s'ils ne faisaient pas partie intégrante du même film. De plus, l’ensemble n’est pas réaliste et renvoie une image adoucie de l’horreur que font subir les djihadistes au monde entier.