On peut dire ce qu’on veut mais quand il s’agit d’allier challenge cinématographique et révision du bac... je sais y faire. Bref, j’ai fini ce challenge. En une semaine. Je ne sais pas trop quoi penser à l’heure qu’il est, si je dois m’inquiéter ou non, si je dois repartir chercher les masses de neurones perdues en chemin. Appelez moi baroudeuse de l’express…

Plus qu’à espérer que mon oral soit tout autant productif.
Allons-y !
En route tout d’abord vers l’Australie (ordre de visionnage) ! Avec Mad Max.
Mad Max est un de ses films qui impressionnent d’entrée de jeu par la force de sa réputation. En tout cas, c’était un de mes sentiments. Malheureusement, j’ai trouvé que l’aspect brutal qu’on m’a vendu se cache sous les innombrables courses poursuites à tout va et le scénario un peu banal. Du coup, je ne partage pas forcément l’enthousiasme général. Je m’attendais vraiment à quelque chose de plus explosif, de plus vif, de plus enragé. Pourtant, ce film a reçu une restriction de -16 ans à l’époque. Preuve que la violence est plus banalisée aujourd’hui et que le degré d’intensité d’un film violent en ce temps-là n’a pas forcément le même impact désormais.
Néanmoins, le film réussit à me charmer par son côté « ringard », avec ses motards vêtus de veste en cuir, ses policiers bourrus, et son ambiance post-apocalyptique très aride. Max, très charismatique, a vraiment un look d’enfer et j’ai tout à fait ressenti sa colère, sa peur pour sa famille et son désir de vengeance. Dommage que ça reste un peu creux, un peu lent et que les méchants n’aient pas autant de charisme que le héros. Bref, Mad Max exerce un charme particulier mais ce n’est certainement pas le « Waouh » magistral d’antan, même si ça reste divertissant de voir tous ses motards vrombir à chaque plan.

Liste
j'ai vu aussi
Du périple aride, j'ai fait un arrêt au «port aux parfums», avec le film hong-kongais The lovers
The Lovers prend son essence à partir de légende des amants papillons que je ne connaissais pas du tout alors que c'est un mythe très populaire en Chine. Le film respire la naïveté de la jeunesse, de l’amour, en montrant deux jeunes se titiller, se chercher et se révéler. La photographie magnifique accompagne le ton poétique, innocent et léger du film. Il en dégage une véritable pureté, avec des scènes comiques, d’autres plus dramatiques, voire mélancoliques. Même les couleurs véhiculent des émotions. Il y a quelque chose de touchant mais dans un même temps, je n’ai pas ressenti d’intenses sensations. Si c’est visuellement époustouflant, cela n’a pas mis tous mes sens en émoi. Peut-être est-ce le manichéisme et le manque de nuances de certaines situations qui m’en ont empêché. Néanmoins, j’ai adoré qu’on mélange tous les genres en faisant un méli-mélo de romance, de comédie, de tragédie, de fantastique. Je me suis réellement prise d’empathie pour les deux personnages et le final est magique. Donc, au final, ce fût un visionnage agréable qui me laisse sur une impression de douceur et d’un lyrisme ailé.
liste de bronze
Changement total de cap : l'Irlande ! Avec The Magdalene Sisters.
C’est horrible de se dire que jusqu’à très récemment (1996 à en croire le film), ce type de couvent en Irlande existait encore, opprimant la femme violemment, excessivement, au nom de la religion et de ses préceptes.
Criant de réalisme, le film arrive parfaitement à transmettre l’indignation et la révulsion, à glacer le sang face à cet intégrisme religieux qui fait vivre humiliations et tortures à des jeunes filles soit disant « coupables ». Leur condition choquante et effrayante pouvait durer jusqu’à leur mort. Les actrices jouent avec justesse, leur interprétation étant à la fois simple et bouleversante. Je n’oublierai jamais l’expression de Crispina lors de la scène finale. Ça se passe de mots tant c’est affreux. Elles sont vraiment convaincantes mais c’est le personnage de Bernadette qui a le plus retenu mon attention, même si elles ont chacune un vrai caractère.
Mais ce film ne dénonce pas seulement les agissements de l’Eglise et leur hypocrisie mais aussi la pleine adhésion de la société, la première coupable de cette répression abominable. Comment ses filles puissent espérer sortir quand leur propre famille les a mises dans cet enfer ? Bref, c’est le genre de drame qui prend à la gorge, qui donne envie d’aller régler quelques comptes à ces femmes à soutanes et qui te rend bien content d’être née dans une génération et dans un pays qui ne risquent pas de t’enfermer entre quatre murs, condamnée à une vie de misère.
Liste d'argent
L'Australie ne m'ayant pas satisfaite la première fois, j'y suis retournée ! Avec Bad Boy Bubby.
Impossible de décrire Bad boy bubby sous un seul adjectif qualificatif. Dès les premières secondes, j’aurais choisi « malaisant ». Cette demi-heure est véritablement dérangeante et anxiogène, faisant ressentir un sentiment de dégoût face à cette ambiance malsaine. Mais en l’espace de quelques minutes, le film prend une toute autre tournure : ça devient drôle, touchant, presque joyeux.
Rien n’aurait pu me préparer à l’expérience Bad Boy Bubby. Je pourrais éventuellement faire un vague croisement entre « bernie » et « un indien dans la ville » mais ça serait en dessous de la vérité (en plus je n’ai pas tellement aimé ces films). Cette comédie trash a son propre ton décalé : d’un côté, le glauque, et de l’autre, une candeur presque communicative mais c’est véritablement entre les deux que se situe le film, oscillant dans une gamme de tons de toutes les nuances. Saugrenu ? Fou ? Détraqué ? J’ai beau chercher, jamais le qualificatif ne correspond complètement. Certains trouveront certainement l’ensemble fourre-tout mais pourtant, je trouve que c’est cette étrangeté qui vaut le coup d’œil.
Enfin, l’acteur Nicholas Hope est incroyable. C’est le Jack Nicholson australien sans déconner. Il porte tout le film sur ces épaules et rend les scènes hallucinantes et sensationnelles. Lorsqu’il se met à « chanter » sur scène, dévoilant son histoire de p’pa et de Bubby, il crève l’écran de façon magistrale. Son personnage donne lieu à plein de situations cocasses. En revanche, je trouve que le rythme peu empressé fait que certaines scènes s’étirent en longueur. En raccourcissant un peu, le film aurait été plus efficace et plus dynamique.
Bref, c’était inquiétant… mais superbe. Le choc a été brutal face à ce début monstrueux mais c’était totalement nécessaire pour que l’humanité se révèle dans toute sa splendeur à la fin. Bad Boy Bubby m’a transmis une émotion sincère, brute. C’était… excellent. Voilà, tout simplement, le qualificatif qui correspond.
liste d'or
Après cette folle aventure, je suis partie au Canada avec Incendies (mais je me suis un peu perdue en route car le film m'a emmené au liban).
Je ne m’attendais pas vraiment à ça mais plus à une pression omniprésente comme dans Prisoners. Pourtant, je ne suis pas forcément déçue non plus. Si l’intensité émotionnelle n’est pas la même, Incendies a clairement du bon.
Tout d’abord, je pense que la narration longue, certes entrecoupée de flashback, contribue au fait que l’émotion ne soit pas aussi puissante en permanence. C’est un lent crescendo, amorçant la bombe finale. On distille le tragique petit à petit. Soit on se perd en route, soit on continue malgré tout, impatient de découvrir le fin mot de l’histoire. Heureusement pour moi, je me retrouve dans la deuxième catégorie. J’ai été captivé, intrigué, transporté.
Ensuite, je trouve sincèrement le scénario brillant. Ca a des airs de tragédies classiques mais quoi de plus normal quand c’est adapté d’une pièce de théâtre ? Il y a beaucoup de retournements de situations, d’affrontements sur tous les terrains (familiaux, religieux, sociaux, politiques, militaires) et le jeu de piste permet de garder le mystère jusqu’au bout. L’histoire âpre, bien menée, est vraiment implacable et prenante. En plus, il n’y a aucun pathos. La conclusion est dérangeante et renversante mais on ne donne pas dans le pathétique, on ne condamne pas vraiment tel ou tel personnage, on ne livre pas de morale explicite.
Enfin, il reste quand même des trucs qui m’ont un peu déçu : le rôle du frère réduit qui avait un potentiel émotionnel fort mais pas suffisamment exploité. La sœur ne m’a pas transmis grand-chose non plus. Néanmoins, la psychologie tortueuse de la mère, interprétée par une Lubna Azabal forte, déterminée tout en étant fragile, reste tout à fait magnifique. Aussi, j’aurais aimé une plus grande place pour l’aspect historique et politique. Parfois, je me sentais un peu perdue, j’avais envie d’entrer plus dans le contexte. Peut-être que j’avais loupé l’info en cours de route mais je ne savais pas même pas dans quel pays ça se déroulait (Liban apparemment).
Sinon, Tabarnak, il y a du Radiohead ! Ça a été une grande surprise de reconnaître leur son lancinant qui colle parfaitement avec certaines scènes.
Bref, Incendies, c’est un chemin tortueux, un sillon brumeux, un périple quasi-initiatique et poignant. 1+1, ça peut faire 1 ? Phrase qui m’a foutu une claque monumentale.
liste d'argent
En baroudeuse de l'extrême, sans le moindre signe de fatigue en vue, j'ai poursuivi mon voyage jusqu'au Brésil avec La cité de Dieu.
Je suis assez étonnée car j’ai trouvé La cité de Dieu, très plat, plutôt ennuyeux, et pas du tout fort émotionnellement. Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages et à leurs destinées précaires, les trouvant pas intéressants, vides, avec une psychologie sans grande profondeur. Je m’attendais à un film choc, violent, dur, poignant… et c’est loin d’être mon ressenti à l’heure actuelle. La violence, pourtant présente, ne m’a pas frappé d’intensité. L’effet « coup de poing » m’est apparu comme impossible à atteindre au bout d’un moment, que ce soit dans la façon de narrer l’histoire, le scénario creux, les personnages dépeints, les passages moralisateurs et caricaturaux. Un peu plus de nuance n’aurait pas fait de mal. En fait, je trouve le tout superficiel. Pourtant, rien que le sujet aurait dû imposer une certaine force. Seulement, je suis restée dans la distance au lieu de me fondre dans la favela. Je n’ai vraiment pas ressenti l’enjeu social et polémique dans mes tripes, à tel point qu’il a fallu qu’on écrive « histoire tirée de faits réels » pour y croire vraiment (non pas que je renie que ce genre de violence existe, absolument pas). Je reconnais que je l’ai vu en VF, ce qui est une grave erreur car elle est tout bonnement affreuse mais tout de même, être autant distante sur un tel sujet m’étonne !

liste j'ai vu aussi
Déçue de «l'éternel pays d'avenir» (Clemenceau), je me suis barrée sur le continent du soleil, avec le film égyptien, Les femmes du bus 678.
Le film de Mohammed Diab m’a permis de faire connaissance avec le cinéma égyptien que je ne connais absolument pas mais aussi voir du pays que je ne connais guère mieux. Bon, le film ne dévoile pas un secret : l’égalité homme/femme reste encore une utopie dans certains pays mais il est intéressant de voir le destin lié de trois femmes qui décident à leur manière de se révolter contre les attouchements sexuels dans la rue et dans les transports. Sans surprise, il condamne aussi fermement cette vision rétrograde dans laquelle les retombées et la honte reposent sur la femme et non sur l’homme, entraînant alors le silence des femmes et l’injustice. Il réussit néanmoins à nuancer son propos en ne tombant pas dans le manichéisme facile. S’il arrive que le film brasse de l’air, entraînant alors une baisse de rythme, il reste globalement bon, touchant et captivant, notamment grâce aux excellentes interprétations engagées et justes des trois femmes. Sur ce sujet sensible, qui a valu procès et polémiques, je salue le réalisateur et la productrice qui permettent de faire évoluer les mœurs ... Courage, citoyennes et militantes du monde !
liste de bronze
Enfin, j'ai terminé mon tour du monde avec le Rwanda, le pays des Mille collines mais aussi, témoin d'un crime destructeur (oui j'ai voulu finir en douceur), avec Hotel Rwanda. En fait, le film est sud-africain, américain, britannique et italien mais on va pas chipoter, hein ?
Hotel Rwanda est un film instructif qui m’a permis de connaître l’histoire de Paul Rusesabagina, un hutu courageux qui a mis sa vie en péril pour sauver des tutsis. J’avais déjà vu Shooting dogs qui m’avait retourné les tripes et m’avait fait connaitre plus en détail le génocide rwandais (qu’on mentionne assez peu malheureusement). Le sujet est évidemment dur, horrible et de voir que la communauté internationale n’a rien fait est tout simplement révoltant (I think if people see this footage they’lle say « oh my God that’s horrible », and then go on eating their dinners).
Après, le film reste assez insuffisant dans le sens où j’ai trouvé que ça restait très conventionnel. J’aurais aimé qu’on s’approprie plus la culture tutsie et hutue, qu’on prenne moins de gants et qu’on y aille carrément sur la violence et l’horreur qu’a été cette situation barbare et atroce. La façon dont l’histoire a été traitée manque d’un aspect plus personnel, engagé, avec en outre cette mise en scène inconsistance et ces retournements scénaristiques faiblards. De ce fait, le film ne m’a pas vraiment remué autant qu’il le devrait.
Bref, je trouve au final que c’est moyen, plus d’audace ne serait pas de trop. Ça reste trop tout public et édulcoré pour moi.
liste de bronze
... Retour en France !
Je me demande bien quel est le ou la taré(e) qui va lire mon commentaire en entier. Même moi je n'ai pas eu envie de le relire.
Voici le classement de ce challenge estival :
1) Adam's Apple : DANEMARK YOU WIN !
2) Bad Boy Bubby
3) The Magdelene Sisters
4) Incendies
5) Tel père tel fils
6) The lovers
7) Les femmes du bus 678
8) Hotel Rwanda
9) La cité de Dieu
10) Mad Max
Totalement
exclusif, profites-en bien.
@Jadany et
@Eparm12 : JE VOUS LE CONSEILLE A 200% (j'utilise les majuscules pour que ça se repère mieux

Je me fais l'effet d'une personne sautillante au milieu d'une foule tentant en vain de se faire remarquer parmi le monde agglutiné. Quel sens de la métaphore déplorable.

) Sinon, oui, il y a bel et bien Mikkelsen dedans (et il est
génial). Dommage,
Eparm12, pour ton voyage décevant en Chine (moi aussi
Hero m'avait déçu) mais si ça peut te consoler, je trouve ta critique super ! Quant à toi,
Jadany, félicitations pour ton premier Almadovar !
Julieta est un film qui me fait beaucoup envie et Almadovar ne m'a pas souvent déçu (sauf son film Parle avec elle). Ton truc sur la symbolique des couleurs m'intrigue !